MARIANA... UNE GUERRE APRÈS

de Pierre-Marie Darsse, Normant Editions.

"Police politique ! Ouvrez !"

Cette phrase, Mariana ne l'oubliera pas. Elle a dix ans, sa mère est arrêtée, elle ne la reverra jamais. Univers concentrationnaire, enfance marquée par la guerre, adolescence en perdition, sexualité perturbée, relation ambiguë avec son amie Elena, amours obsessionnels, elle ne cesse de se dire qu'elle n'aurait pas dû naître. Mais elle est aussi une créatrice au talent reconnu jusqu'au plus haut niveau des autorités. Ses dons se sont révélés au travers d'un premier ouvrage : une tapisserie composée sur le mode médiéval symbolisant la naissance d'une relation fusionnelle entre un enfant et un loup.

Simultanément, l'espoir insensé d'une aventure amoureuse salvatrice lui rend le goût de vivre. Las ! Le pouvoir en place va briser cette espérance et continuer de faire de sa vie un cauchemar. Elle frôle le pire et connaît une expérience de mort imminente. Elle en sort réconciliée avec son destin, décidée à faire de son art l'instrument de lutte contre un pouvoir liberticide qui veut promouvoir ses talents mais auquel elle voue une haine viscérale. Quoique perturbée par une jalousie maladive, sa liaison avec Elena va aussi lui permettre de survivre.


Pierre Marie Darsse, d'où vient l'idée de cette histoire et la façon dont vous l'avez traitée?

On dit qu'il existe toujours une part d'autobiographie dans un roman. "Madame Bovary, c'est moi" disait paraît-il Flaubert. Je pense, en effet, que ne peut être valablement exprimé que ce qui a été profondément ressenti et vécu. Il y a plus d'une analogie entre Mariana , l'héroïne principale de l'ouvrage, et son auteur. Mes parents ont subi la débâcle de 1940 et les années d'occupation, ont été emmenés par la police allemande sur la foi d'une dénonciation calomnieuse. Mariana venait de naître lorsqu'un conquérant mégalomane voue son pays à une occupation sans pitié et sa mère est emmenée un matin par la police politique.
La capitale où habite Mariana, dans laquelle une amorce de "printemps" est écrasée par les chars, c'est bien Budapest en 1956, Prague en 1968. Cela, c'est la fatalité extérieure qui pèse sur mon héroïne.

Quant à ses amours, rêves romantiques qui ne survivent que maintenus à l'état de rêves, tendances bisexuelles, alternances de frigidité et de nymphomanie, dans tous les cas sentiments extrêmes marqués par la possessivité et la jalousie morbide, c'est sa fatalité interne qui la conduit, comme toute personne à son image, et j'en ai connues, j'en connais encore, à se retrouver immanquablement dans des situations impossibles. Voilà comment ces divers éléments et sources d'inspiration, part du concret et de l'imaginaire, se sont agrégés pour donner forme à l'ouvrage.



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