FIN>RELOAD

du 19 septembre au 13 décembre 2009 à l'Espace Topographie de l'art.

du mercredi au dimanche de 15h à 19h - (Vernissage le 19 septembre à 15h).

Toutes les oeuvres réunies dans cette exposition évoquent d'une manière ou d'une autre la notion de « fin » et les différentes façons de concevoir cette idée. La Fin du Monde, la fin d'un monde ou la fin d'un cycle sont à la base des travaux exposés qui développent des représentations visuelles de ce moment critique.
Moment souvent accompagné par des transformations de situations établies dont les ruptures et les suites peuvent s'imaginer du terrifiant au ludique.


De l'abîme incommensurable dans lequel nous jette une certaine conception religieuse annonçant un Dernier Jour apocalyptique dont l'après serait plus ou moins bien vécue selon le Jugement subi à ce moment-là ; en passant par l'effondrement d'un monde auparavant scindé politiquement et économiquement en deux ou encore à une acceptation plus individuelle dont la fin coïnciderait avec sa propre existence, force est de constater que l'idée d'un prolongement est toujours envisagé. Ce qui abolirait non seulement la notion même de « fin », mais donnerait aussi l'occasion de la redéfinir. Comme par exemple, l'acceptation des changements perpétuels d'un état à un autre ponctués par des ruptures. Contexte dont l'imagerie ne dépendrait que de la créativité et des moyens dont chacun en dispose.

« Puisque l'idée d'une fin de toutes choses trouve son origine dans une réflexion concernant non le cours physique, mais moral de choses dans le monde et qu'elle ne peut être produite que par cela, et puisque ce cours moral, tout comme l'idée d'éternité, ne peut se rapporter qu'au suprasensible (qui n'est intelligible qu'en référence au moral), il faut donc que la représentation de ces choses dernières, qui sont censées succéder au dernier jour, ne soit considérée que comme une figuration sensible de celui-ci, et de ses conséquences morales, que nous ne pouvons du reste pas saisir théoriquement ».(1)

Adon Peres
(1) Emmanuel Kant, La fin de toutes choses, Actes Sud, 1996, p. 10.

Une installation- Cinq films vidéo :

L'installation :

Horst Haack
La Fin du Monde > Reload

Installation, 29 panneaux (impressions Ink-jet), 160 x 112 cm, 2009.
Depuis un texte inédit de Philippe Djian, Haack a créé une nouvelle oeuvre composée de 29 feuillets en associant, comme d'habitude dans sa démarche artistique, image et écriture.
Pour cette exposition, l'artiste reproduit ces feuillets en grand format pour les installer sous forme d'un parcours « labyrinthique » dans l'espace. Les images percutantes rejoignent la violence d'un texte qui traite de la fin d'un monde. Des notions apocalyptiques d'un ciel qui tombe sur les têtes, de la chute ou encore de la peur coïncidant avec des vécus qui peuvent parfois ponctuer une destinée individuelle.
Malgré le malheur, la souffrance et le désespoir, l'oeuvre réitère la constatation que « l'homme arrive à sortir du chaos que nous lui prédisons ».

Les Vidéos :

Fabiana de Barros & Michel Favre
Ça Va ?

Vidéo 16 : 9, 19 min, 2009.
En 1968, Jean-Luc Godard réalisait à Londres le film « One + One » autour d'une séance d'enregistrement des Rolling Stones.
Ce film de collage reflétait certaines questions raciales, sociales et politiques de l'époque. En 2008, ces questions sont toujours valides et l'environne-ment qui les a suggéré n'a fait que se sophistiquer technologiquement. Presque entièrement réalisé dans et avec les éléments de Second Life, « Ça Va ? » est une lecture décalée des valeurs audio-visuelles commerciales et dominantes qui veulent diriger jusqu'à notre imaginaire. En projetant dans cet univers virtuel certains éléments des séquences du film original, le titre de la musique des Rolling Stones que filmait Godard prend alors tout son sens : « Sympathy for the Devil ».

C.N. Jelodanti
Blast

Vidéo, 6min, 2009.

C.N. Jelodanti présente une vidéo basée sur l'instant apocalyptique, l'hypothèse d'une «fin». Composée à partir d'éléments hétéroclites provenant de sources multiples - images d'archives, coupures de presse, séquences de films et fragments de peintures - la construction du film se fait par le passage et l'accumulation de périodes caractérisées par la fin d'un cycle.


Peter Liechti
Théâtre de L'Espérance

avec Ronald Reagan, Roman Signer, Michail Gorbatschov, 16 mm, 19 min, 1987.

«Aujourd'hui c'est ainsi: paix mondiale, désarmement et surarmement sont des thèmes banals. Les images de la TV et des journaux sont des images banales. Conscient de ceci j'ai - non sans plaisir - fait tirer les images déjà très connues de la rencontre au sommet entre Rea- gan et Gorbatchev à Genève ... Le film est une reprise quotidienne et aussi minutieuse que possible de comment ces images - merveilleusement fluorescentes - se sont marquées au fer rouge dans ma mémoire.
Le matériel a été récolté d'une part à Genève en clandestin, resquilleur à ce grand spectacle, et d'autre part ce sont des images TV qui ont été retravaillées assez longtemps jusqu'à ce qu'elles deviennent dociles.
Le cadre de l'histoire est amené par Roman Signer: refrain, commentaire et air frais»
.
Peter Liechti

Andrei Müller & Gustavo Speridião
O Circo dos Sonhos (Le cirque des rêves)

Vidéo, 45 min, 2008.
Le cirque des rêves - « le plus grand spectacle de la Terre » - a été entamé en 2007 entre Londres et Brighton. Après Barcelone, Paris, Rome, Amsterdam, Berlin, Istanbul, Prague, Cracovie, Varsovie et Moscou, cette matière accumulée est mise en contradiction avec un autre scénario conducteur du film, une cuisine étroite dans un appartement à São Paulo, qui devient ainsi le lieu principal de l'action. Cette vidéo reste la capture des images d'un monde diversifié dévoilant le mécanisme visible d'une collection sur l'humanité où le poétique rejoint la recherche du sens réel de la vie.

Piotr Szulkin
O-bi, O-ba , La Fin de la Civilisation

35mm, 1h25min, 1984.

Dans O-bi, O-ba, La Fin de la Civilisation les survivants d'une guerre nucléaire tentent de se protéger de l'atmosphère toxique en se retranchant sous une gigantesque coupole construite en haute montagne. Pour tranquilliser la population, les autorités créent le mythe de l'«Arche» : un vaisseau spatial d'une civilisation supérieure viendra les sauver. Des années plus tard, la coupole présente de sérieuses fissures. Confrontés à cette désastreuse réalité, les détenteurs du pouvoir sombrent dans leurs désillusions, délaissent leurs responsabilités et, malgré la découverte du stratagème, les gens continuent à croire, dur comme fer, à l'arrivée de l'Arche.

Espace Topographie de l'art
15, rue de Thorigny
75003 Paris